Julie
Alamelle

INTENTION

 

« La barrière entre l’acteur et le spectateur m’a toujours interrogée. Le public ou le non-public peut-il être acteur de l’objet qui est en train de se jouer ? Puis-je l’amener à questionner la place qui lui est conventionnellement donnée ?
C’est en travaillant dans l’espace public qu’il est possible de donner une place à part entière à l’interprète, au spectateur et au passant. Mes questionnements trouvent ici des possibilités de réponse et cet espace devient à mes yeux un terrain de jeu cohérent et intéressant.
J’interroge dans mon travail la notion de public, de non-public et de tout public et aime à jouer de la frontière subtile entre le spectateur, le passant et l’interprète.

Les interprètes jouent à inventer une relation privilégiée et particulière avec chaque individu faisant partie de leur environnement, à interagir avec le réel.
Chacun participe à part entière à un spectacle qui s’inscrit dans le monde vivant qui l’entoure.

Cette approche amène le spectateur à être plus alerte, plus attentif au détail, sur le qui-vive, prêt à voir et à croire qu’un quelconque événement puisse participer à la mise en scène, qu’un objet urbain puisse être un élément de la scénographie. Il développera davantage un regard contemplatif et curieux et pourra reconnaître dans n’importe quelle situation quotidienne une nourriture artistique. Cela attise également la suspicion, n’importe quelle personne peut entrer en jeu à tout moment : un passant peut être un personnage non encore identifié, un spectateur peut cacher un interprète…

La fine barrière qui oppose geste et mouvement propose notamment un entre-deux propice à une écriture chorégraphique enrichissante. Les matières de corps se construisent donc en partant de gestes quotidiens, banals, usuels. Le corps emprunte à l’ordinaire et la gestuelle est dite « normale ». Le mouvement est progressivement répété, détourné, agrandi. Le vocabulaire commun devient de plus en plus étranger, même si l’appui de base reste identique, mais le mouvement diffère dans sa forme finale. Peu à peu la gestuelle commune devient plus atypique, plus personnelle, décalée, pas vraiment en adéquation avec son environnement ou les gens qui l’entourent et paraît moins réaliste. »

Julie Alamelle

BIOGRAPHIE

 

Après plusieurs expériences dansées et un diplôme d’état de professeur de danse, elle continue sa formation au sein du CDC (Toulouse). Elle y aborde le travail de plusieurs chorégraphes (Odile Duboc, Hervé Robbes, Daniel Larrieu,…) et s’initie aux techniques Alexander et Feldenkrais.
Elle travaille avec plusieurs compagnies : Étant Donné (76), Emmanuel Grivet (31)…
En 2005, elle intègre en tant qu’interprète la compagnie d’art de rue Artonik (13) avec qui elle collabore encore aujourd’hui et fonde en parallèle la compagnie Mouvimento.
A partir de 2017, elle accompagne la création Sangkhumtha : HOPE de la Cie Artonik au niveau chorégraphique et sur la régie plateau. Elle est également regard extérieur sur plusieurs autres projets.

Aujourd’hui, elle navigue entre interprète, chorégraphe, danseuse, performeuse, artiste de rue et pédagogue.

Créations : Faille temporelle (2012-13), Ellipses (2013-14), Décalage horaire (2014-15), De chair et d’os (2015), Effacée(s) (2016), Sois sage et tais-toi ! (2017-2020).